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03/08/2016

IN MEMORIAM CHARLES ANTONI

 

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 Charles mon ami, où-es-tu ?

Tu as quitté ce monde le vendredi 29 juillet à Volgheraccio, dans ta montagne corse.

Progresses-tu en défricheur dans le « non frayé » ou attends-tu en vigile la « Princesse Absente » sur le bord du chemin ?

Es-tu suivi par la vieille qui tend la pomme, histoire de t’inviter à recommencer la farce, ou la chasses-tu de tes yeux mi-clos, comme un mauvais rêve ? toi, homme de théâtre qui savait déciller les regards.


A Neige, qui t’a précédée de trois mois et cinq jours pour ce pays d’au-delà des monts, d’au-delà des morts que nous sommes, si d’aventure tu la croises, tu peux dire : « à présent je sais ». Et que tu l’exprimes à ta manière : « … bon Dieu, p... ! ça dépasse tout ce que je pouvais imaginer ! », ne m’étonnerait pas !

A l’Age, où nous devions vous recevoir Paule et toi en Septembre, tu ne viendras pas… Je le regrette, ami, parce que je sais que tu aurais aimé t’asseoir au soleil sur le perron dominant le parc, en compagnie de nos chats et je te vois, ton stylo à la main… et ce registre sur lequel, chaque jour, de ton écriture fine, tu notais tes impressions afin de n’en laisser perdre aucune.

Ce cahier qui ne te quittait pas, côtoyant ta tasse au café sans cesse renouvelé et le cendrier rempli jusqu’à la gueule de tes cigarettes inachevées, je le revois, palimpseste sans arrêt recomposé, annoté, rectifié… cahier « akashique » où des vies et des vies – les tiennes - empilées les unes sur les autres, cherchaient par là à se manifester.

 

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Ainsi va la vie, ainsi vont nos jours. Pilotés à vue sur un frêle esquif, nous pensons le diriger en godillant approximativement. C’est notre lot commun, combien de fois l’avons-nous évoqué ensemble, vieux frère ?

 

Je ne retracerai pas ici ton parcours, tes amis le connaissent ; il me suffit de dire que tu fus assurément ce « coureur d’aventures », cavalier bleu quêteur de Vérité qui, d’ ouest en est et du nord au sud se déplaça pour la traquer en veneur, cette Vérité, même et surtout, en ce petit « vaissel très secret » où elle sommeille en chacun de nous.

 

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Ce qui reste de toi repose à présent dans la tombe des tiens, au petit cimetière corse de Felce, sous les châtaigniers trois fois centenaires de la montagne. Mais sous ta verrière du neuvième arrondissement, au milieu des milliers de livres empilés et tapissant les murs, les tiens sont là, les tiens, ton « testament philosophique », rédigés les uns après les autres comme autant d’hommages à Gurdjieff, Ramana Maharshi, Shri Nisargadatta Maharaj, UG, Cattiaux, Klima et tant d’autres que tu admirais…

 

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Mes pensées vont aussi à Paule, la compagne fidèle de tes derniers jours, et à toute l’équipe de l’Originel, ta « maison », assuré qu’à ta façon tu veilles sur eux, comme un soleil qui continue à briller, attentif à chasser l’intrus car, comme l’écrivit Louis Cattiaux « …ce monde est cruel, et la douleur l’habite. »

« A nous revoir, ami ! »

 

10/11/2010

HOTEL DE LA DEROUTE

 

 

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On est arrivé dans ce monde déchu par un beau soleil, logé et nourri gratis à la bonne taverne, en croyant que ça allait durer. Et puis on s’est rendu compte, en grandissant, que le soleil chauffait moins fort, que la lune se faisait moins caressante, que des nuages tout chargé d’opprobre s’amoncelaient bien menaçants sur nos têtes et qu’on avançait, souvent à reculons,  en pataugeant de plus en plus dans la boue. Nous n’étions pas encore prêts à affronter tête nue les sacrés déluges qui s’annonçaient ! Fallait se mettre à l’abri, trouver un toit dare-dare, ça devenait urgent au risque de retomber dans la soupe primordiale !

C’est comme ça, à force de tourner en rond, qu’on est arrivé devant « l’Hôtel de la Déroute ». On n’était pas les premiers ! Que non ! Y avait même une sacré queue et pour tout dire, un grand nombre de nos semblables qui poireautaient depuis des lunes devant la porte en dépit du prix à payer. On se souvenait de « Chiquita »...

Comme par miracle ça s’est ouvert tout seul quand on s’est montré ! Et d’un coup, sans même qu’on ait à pousser, en nous avalant gloutonnement…

On a suivi le troupeau qui s’est mis à applaudir histoire de soulager la tension de ses  nerfs et de se redonner du courage. Et puis aussi peut-être, pour sympathiser les uns les autres, comme on le faisait aux rentrées des classes ou à la caserne, du moins, au temps pas si lointain où servir sous le drapeau était obligatoire.

On n’a pas été bien loin ! Derrières les vantaux, des préposés fraîchement émoulus nous ont enregistré, pesé, mesuré, photographié, estampillé, catalogué… A dire vrai, on s’en doutait ; c’est le contraire qu’on n’aurait pas compris, qu’on nous laisse entrer sans remplir la fiche, ainsi dire « incognito ». On s’est dit : « C’est régulier, dans un monde organisé, chacun doit se conformer à la loi, la respecter, et payer l’impôt ! » On l’avait compris tout jeune déjà chez nos bons parents qui nous avaient bien élevé. Alors, comme la société est une grande famille, on s’est répété comme ça : « Y a pas d’entourloupe », pour se rassurer. On savait pas encore quel fichu traquenard c’était l’Hôtel de la Déroute ! D’autant qu’on y allait confiant nous autres, sans arrière pensée, logé à la même enseigne, à la bonne franquette ! On savait pas qu’on déchanterait devant qu’on soit  tout à fait racorni…

A propos d’enseigne, l’Hôtel de la Déroute nous parut être une bonne auberge, vu qu’il en avait pas d’enseigne ! On s’est dit « On peut y aller, c’est l’Auberge de l’Ange Gardien ! ». On avait trop lu la Comtesse de Ségur, naïf qu’on était !

 

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Comment qu’on croyait que c’était un bon abri l’Hôtel ? mais sur sa mine parbleu ! Renommé, civilité oblige,  « l’Hôtel des droits de l’homme », rien moins. Pas farouche au demeurant, même, sympathique d’abords, et tout le confort ! Et la suite ! Une organisation ad-hoc, que des enarques ou archi diplômés aux postes clef, pas trop de travail mais suffisamment pour les plus courageux. Et partout profusion de jeux, de  divertissements nombreux et variés, de spectacles permanents, de boutiques regorgeant de produits surfaits autant qu’inutiles. Pour les malins qui savaient s’arranger, il y avait matière à exercer l’art subtil de la duperie qui consiste à vivre aux dépens des autres en leur bourrant le mou, en ne gardant pour soi que le créneau du moindre effort. De la sorte, en travaillant que de la tête et encore pas trop, en donnant le change et surtout en s’appliquant à répéter les vérités consacrées du système, on devait pouvoir dans cette logique, avec un peu de bonne volonté, arriver à se tailler assez rapidement sa place au soleil... Et pour peu qu’on sache plaire à la direction ça pouvait même aller très vite en besogne et sans trop d’efforts, vu qu’on les portait dans le sang ces vérités répandues, attendu que nos géniteurs eux-mêmes, formatés qu’ils étaient, se les étaient répétées plus que le nécessaire pour bien se les enfoncer dans le crâne et tenter de gravir, en fonction de leurs mérites ou de leur asservissement, l’échelon social. Des méthodes qui avaient fait leurs preuves mais qui nous disaient pas grand chose à nous qui avions encore des scrupules, et qui, en dépit de ce que nous sentions d’inéluctable, nourrissions toujours quelque espoir à l’endroit de l’âme humaine.

Nous qui représentions le dernier carré des combattants, refusions de croire ce qu’on voulait nous faire avaler en douceur, savoir que tout allait bien à l’Hôtel comme dans le meilleur des mondes. Certes, il demeurait encore beaucoup à faire pour améliorer le sort des plus démunis, les réprouvés, parias du monde moderne relégués dans la soupente des écuries quand ce n’était pas à même le caniveau ou dans les égouts à cause de la chaleur bienfaisante des eaux usées. Pour échapper à ça, comme on était plusieurs à penser la même chose, on s’est bien vite organisé comme on a pu, méfiants, chacun dans son coin, sans toutefois rien regretter du dehors où soufflait la tempête et où rôdaient, on l’apprenait chaque jour, des légions de plus en plus nombreuses de solliciteurs et d’affamés… De temps en temps il en rentrait quelques-uns de ces affamés, soit qu’ils aient réussi à tromper la vigilance des préposés, soit, qu’ayant fait des intelligences dans la place, celles-ci leur aient ouvert les portes à l’insu du plus grand nombre, mais pas du système. Ça l’arrangeait plutôt le système, dans un sens, de laisser faire ; ça lui gagnait des voix en même temps que ça le rendait très humainement respectable.

Faut l’avouer on manquait pas de place à l’Hôtel qui couvrait largement l’étendue d’un territoire; mais le flot incessant de ceux qui  sollicitaient chaque jours un hébergement prolongé pour ne pas dire définitif, ne laissait d’inquiéter, en sourdine, les autochtones. Les dirigeants eux, ne cohabitant pas et ne voyant que de loin les indigènes, tirèrent habilement profit de ce ressac dans un monde ou aider son prochain, du moins en apparence, valait certificat d’honorabilité. De temps à autre, pour la forme, et prouver que la loi avait encore un sens, on en refoulait quelques-uns aux marches de ce petit paradis, manu militari. Tout ça n’avait pas beaucoup d’importance. Que quelques pauvres bougres ne comprennent pas pourquoi ça tombait sur leur pomme à eux plutôt que sur celle du voisin ne changeait rien à l’affaire. Non, l’important, c’était ce qu’il restait encore de devises dans le ventre de la bête, de ce gros argent sonnant et trébuchant dont il tombait encore, parfois, quelques miettes dans l’escarcelle des mendiants aux portes des églises. Les soutes n’étaient pas encore vides, voilà qui comptait ! Et d’ailleurs, l’auraient-elles été que ça n’aurait pas changé grand chose. Beau temps que la monnaie ne voulait plus rien dire… Ce qui voulait dire quelque chose par contre, c’est ce que chacun avait sur son compte, enfin, le nombre de chiffres qu’il pouvait aligner devant la virgule, tout vent que c’était. Les nantis du système, « ceux de l’establishment » comme on disait, ils avaient si bien verrouillé le leur de compte, et assuré leurs arrières et ceux de leurs proches, qu’ils n’avaient guère à redouter du lendemain. L’angoisse du lendemain c’était, pour le plus grand nombre, la crainte de ne plus pouvoir changer sa voiture, partir en vacances, se taper de temps à autre le restaurant, les stades, les concerts ou les cinémas. C’était pas encore de plus pouvoir faire bouillir la marmite. Ça viendrait. C’était pas loin sans doute, on le sentait, y avait des signes avant-coureurs comme les cumuls d’endettement, les saisies, les interdits bancaires… Il y avait beau temps que les politiciens véreux toutes obédiences confondues  ne se posaient plus la question de savoir s’il existait des lendemains pour leur ouailles, leur seul souci étant de continuer à les plumer allégrement jusqu’au duvet… Sur ce point, tout de même il auraient dû se souvenir du bon La Fontaine et de sa poule aux œufs d’or. Et pourtant…

Pourtant l’Hôtel, au début, il fonctionnait quasi en autarcie. Des locataires pas feignants et débrouillards avaient, en raison de leurs aptitudes personnelles, monté de petites entreprises prospères. D’autres, par atavisme, s’étaient mis à cultiver ce qui restait encore de bonnes terres. L’administration, réduite au nécessaire, suivait son chemin comme aussi les grosses fortunes. Ces dernières, bien qu’en surcharge pondérale, n’ayant pas encore dépassé le budget qui faisait vivre la petite colonie étaient tolérées; néanmoins on sentait qu’elles s’approchaient d’un seuil qu’elles ne tarderaient pas à franchir et qu’à partir de là viendraient tous les désastres… On pouvait s’inquiéter. On le fit, le jour où l’on s’aperçut de la fuite des capitaux comme si l’Hôtel était troué de partout. Plus qu’un gros rhume, c’était une sacrée crise d’asthme qui s’annonçait rédhibitoire. Les dirigeants, arguant de cette « crise » derrière laquelle ils se réfugièrent d’un commun accord pour justifier l’échec de leur politique et masquer le scandale de leur train de vie et de leurs compromissions, assurèrent qu’il n’y avait pas à s’inquiéter mais seulement à serrer d’un ou deux crans sa ceinture pour refaire surface. Eux-mêmes, d’ailleurs, ne faisaient rien d’autre : ils ne touchaient plus leurs tickets restaurants  ni leur prime de ressemelage. C’était qu’un mauvais moment à passer ! Et encore, qu’on savait pas la chance qu’on avait d’être au premier rang des pionniers de l’inévitable expansion du mondialisme ! Entendant par là qu’au-delà de notre horizon, borné d’un côté par la mer et de l’autre par des montagnes ou des plaines inhospitalières d’où soufflait un vent aigre, il existait des partenaires admiratifs qui ne demandaient qu’à s’ouvrir à notre marché pour n’en faire qu’un, énorme, où tout, absolument tout, serait à acheter et à vendre. C’est ainsi, et grâce à cette aubaine, qu’on remonterait la pente, aidé en cela par la réputation d’excellence qu’avait l’Hôtel au-delà des mers et très loin vers le soleil levant où des auberges bien plus costaudes couvaient de fortunés rapaces qu’on n’ imaginait guère.

On connaît la suite. Ruinés par les délocalisations, le jeu des opérations boursières et les scandales financiers, les petits épargnants et les petites entreprises que rachetèrent d’habiles maquignons pour les revendre à de plus grosses elle mêmes à la botte de titanesques entièrement dévolues aux banques, se retrouvèrent en chemise avec leurs deux yeux pour pleurer.  Un certain nombre préféra quitter l’Hôtel définitivement et s’en alla sans bagages, en fumée, par la cheminée des crématoriums. Les autres essayèrent de trouver quelque appui auprès des syndicats ou de la presse en s’apercevant bien vite que les uns et les autres, aux ordres, n’obéissaient in fine, qu’au seul système… 

On devait se rendre à l’évidence : le trépied de l’intelligence politique, scientifique et financière avait tout verrouillé et, comme on venait de l’apprendre par des réseaux de dissidents, en se haussant au rang de démiurge, s’employait à pétrir dans la boue, à l’insu d’un peuple qui n’existait plus et qui de toutes façons, lobotomisé n’aurait pas réagi, un monstrueux homonculus  dont le directeur de l’Hôtel n’était qu’un piètre réplicant. Cet homonculus, dès son achèvement prochain règnerait sur le groupe hôtelier planétaire sans états d’âme, attendu qu’il en serait dépourvu, afin d’accomplir le grand rêve d’un conseiller qui avait servi plus d’un directeur et s’y connaissait en façons de golems… Un conseiller qui, sans trouver d’Aetius devant lui, « sous les sabots de ses chevaux » se taillait la route dans les gouvernements comme un autre en son temps l’avait fait dans les champs catalauniques…

Nous autres, clairvoyants, nous souvenant d’un livre que nous avions lu en 1984, décidâmes de mettre les voiles, certaine nuit d’un trente avril, préférant finir nos jours dans la cabane d’un jardinier au sein de quelque forêt gaste d’au-delà du glacis qui s’étendait sur l’arrière de l’Hôtel plutôt qu’entre ses murs où le pire s’annonçait probable. Dans cette forêt, en s’ouvrant quelque clairière, on s’était dit qu’on pourrait cultiver des légumes non trafiqués, cueillir des fruits sains et faire son pain d’un blé sans reproches. C’était sans compter sur ce que nous découvrîmes en quittant la place…

On aurait pu pourtant se poser la question de savoir d’où venaient ces bruits lointains, ces ronflements comme d’un troupeau de bisons qui ferait trembler la terre. C’est quand on a débouché, après des jours et des jours de marche sur l’arrière de l’Hôtel qu’on a été surpris !

D’abord, on a su qu’on n’était pas des premiers, nous l’apprîmes des réprouvés croupis dans leur fange : tous les dirigeants et leur suite nous avaient précédé par les coursives le plus discrètement possible, en troupeaux serrés de rats organisés, jusqu’au tarmac de leur  héliport personnel. Ensuite, en débouchant hors les murs, on a compris enfin d’où venaient les bruits ! C’étaient ceux des escadrons de grosses Komatsu chenillées et des dumpers qui nettoyaient le terrain ayant joliment entamé l’Hôtel en ne laissant sur quelques pans de murs en guise de témoins que les pancartes « A VENDRE » qu’ avaient fait poser ceux qui l’avaient quitté les poches pleines.

Elles demeurèrent ces pancartes comme des totems pour amuser les générations futures de petits réplicants…

On n’avait peut être pas l’air malins nous autres, avec nos valises, devant les décombres, mais ce qu'on savait, c'est qu'on allait très vite s'organiser en résistance, dans la forêt...

 

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26/11/2009

FENRIR

 

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Le loup de fer a croqué le soleil

Un vilain jour.

Il est sorti, pas de velours,

De la forêt métallique

Avec sa suite

Et s'est campé dans la clairière,

Toute une nuit, tranquille et fier,

Auréolé de brume

Et de lumière de lune.

 

Il a couru quarante tours

Entre les troncs d'aluminium

Avant d'atteindre un jour

La grande ville des hommes

Alors,

Il s'est assis sur le rocher de pénitence

Qui tout en haut de la montagne

S'avance,

Bien au-dessus des fins clochers

Et du fourmillement des toits et des fumées.

 

Il s'est assis, le loup de fer,

Dessus sa patte repliée.

Il a compté les cheminées

Et les toitures des usines

Et les machines,

Et sur un signe,

Il a lancé toute sa horde et ses petits

Dans la vallée.



 

 

 

11:13 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : loup, soleil, machines