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<title>LE TEMPS REVIENT</title>
<description>LE BLOG D'AGARIC : chroniques du temps présent; notes de lectures; portraits; nouvelles; poèmes etc...</description>
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<lastBuildDate>Sat, 10 May 2025 14:05:52 +0200</lastBuildDate>
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<title>AUX MORTS</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (AGARIC)</author>
<category>Blog</category>
<pubDate>Mon, 11 Nov 2024 12:52:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6569261&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/01/2983111494.2.jpg&quot; alt=&quot;Jean Droit &quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;(Jean Droit &quot;Les boues de la Somme)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6569259&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/02/01/3839871625.jpg&quot; alt=&quot;Saint Remy.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Saint-Rémy la Calonne, Meuse&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6569260&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/01/2818814267.jpg&quot; alt=&quot;Alain Fournier.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Sépulture d'Alain Fournier&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6569263&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/02/3936916275.jpg&quot; alt=&quot;Nantes.jpg&quot; width=&quot;243&quot; height=&quot;182&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>AUX FRAIS DE LA PRINCESSE</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (AGARIC)</author>
<category>Chroniques du temps présent</category>
<pubDate>Wed, 03 Jul 2024 10:43:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6543876&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/00/00/908455494.jpg&quot; alt=&quot;PB - copie.jpg&quot; width=&quot;331&quot; height=&quot;234&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;La politique, « politikos », n’est plus l’art de gouverner la cité, c’est à dire l’état, c’est devenu celui de s’en mettre plein les fouilles. Le fric ça permet tout c’est même à ça qu’on le reconnaît et ça ne date pas d’hier tant il a la capacité de corrompre les hommes ! Le fric, fruit vénéneux de la spéculation, des agiotages et de toutes les compromissions est méprisable en tant que tel contrairement à l’argent qui lui est honorable, parce qu’il est la juste rétribution du travail. Le fric corrompt et il s’y emploie allègrement au plus haut niveau de l’état. Ainsi la prévarication de la chose publique « res publica » a conduit tout naturellement la Gueuse, drapée dans sa toge de pourpre à se vendre au plus offrant, preuve s’il en fallait une que le pognon peut tout s’aliéner ce qu’ont bien compris les dynasties financières, lesquelles se sont offert entre autres la République comme le démontre, à qui voudrait des preuves, le montant colossal de la dette.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;L’une des façons de s’enrichir par les temps qui courent est donc de « faire de la politique », à la condition bien sûr de ne pas se casser la gueule en posant le pied sur le premier barreau de l’échelle ! Le prétendant en l’occurrence est animé du zèle du bon grimpeur associé à celui du bateleur de foire symbolisé par la première lame du tarot de Marseille ; c’est un illusionniste dont les fins justifient les moyens. En d’autres termes, il possède l’art de « rouler le badaud dans la farine » en usant du mensonge dont il maîtrise toutes les ficelles. Il suffit d’écouter n’importe quel discours de prétendant au fauteuil des chambres (endroit où l’on dort…) à la condition bien sûr de savoir le décrypter, pour saisir jusqu’à quel degré ces gens là possèdent l’art du mensonge, art qui les portera aux ministères pour peu qu'ils sachent naviguer en eaux troubles. Promettre n'engage à rien ces politicards que le système des institutions taillé à leurs mesures protège. Sans crainte d’être déboulonné de leur piédestal ces petits malins font mentir l'adage &quot;chose promise, chose due&quot; à seules fins de conserver leurs privilèges, marocains, macarons sur les pare-brise, escortes motorisées gyrophares et sirènes hurlantes, escort-girls et &quot;petits appartements&quot; ainsi que tous leurs avantages en droit et en nature comme il est dit dans la chanson ! (1) &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6543877&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/00/00/3286638856.jpg&quot; alt=&quot;Capture d’écran 2024-07-03 à 10.41.09 - copie.jpg&quot; width=&quot;330&quot; height=&quot;221&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;Pourtant, ces professionnels de la politique ne sont rien d’autre que des colosses aux pieds d’argile qui tiennent debout par la seule langue de bois et parce que le peuple n’a plus la force ni le courage de les renverser.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;Le peuple, dont on veut nous faire croire par le système pervers du suffrage universel qu’il a élus ses « représentants », est devenu aujourd’hui introuvable. Où sont les hommes ? émasculés par la repentance et la soumission, abrutis par le confort (y compris intellectuel) les jeux et les divertissements, inhibés par la peur, ils ont oublié que le premier devoir d’un homme était justement d’être un homme. Dans le noir très noir d’aujourd’hui, à l’heure du confusionnisme général organisé, il faut chercher les hommes à la lanterne comme Diogène, les vrais, les sages, les courageux, ceux qui ont gardé leur faculté de discernement et le sens de l'honneur, ceux qui savent que la première des lois à respecter et celle de la nature et qu’il faut savoir, en l’examinant de près, en tirer la leçon. Il semble qu’on l’ait quelque peu oublié, à l'heure où l&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;es lois iniques pondues quotidiennement par le pouvoir asservissent tellement&amp;nbsp; les esclaves de Big Brother qu'ils n'ont même plus l'idée de leur désobéir...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;Ces petites généralités qui pourront déplaire aux bien-pensants de la chose publique, moi qui préfère &quot;le cri sale des porcs à tous les discours qui m'indiffèrent&quot; (2) je vous les livre à l’occasion de la grande imposture des législatives sachant que la plupart des électeurs iront « urner » ainsi qu'ils se rendraient aux vespasiennes, aux « commodités », pour ne pas dire à « garde-robe » comme au grand siècle ! Rien d’étonnant dès lors à ce que le résultat ne sente pas le réséda !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;Le peuple, quand il se réveillera de l’état de léthargie où l’ont plongé toutes les astuces du pouvoir pour le tenir en laisse, passera de l’état morbide de «&amp;nbsp;masse consumériste&amp;nbsp;» à celui de combattant incontrôlable qui renversera tout, comme l’océan en furie quand il déferle en tsunami sur les côtes sans prévenir… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;Ça s’est déjà vu, et cela viendra quand il plaira à la divine Providence de lui donner un coup de pouce pour se débarrasser de ses parasites.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;En attendant, je vous invite à savourer avec délectation les paroles d’Aristide Bruant joliment chantées par Patachou&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Aux frais de la Princesse&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;(1) Aristide Bruant: Aux frais de la Princesse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt;&quot;&gt;(2) Angelo Branduardi: Confession d'un malandrin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>CORVUS CORAX</title>
<link>http://letempsrevient.hautetfort.com/archive/2024/03/12/corvus-corax-6489209.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AGARIC)</author>
<category>Chroniques du temps présent</category>
<pubDate>Tue, 12 Mar 2024 15:04:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-6518036&quot; style=&quot;margin: 0.2em auto 0.7em; display: block;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/00/1369933955.2.jpg&quot; alt=&quot;1024px-Corvus_corax_(Common_Raven),_Yosemite_NP,_CA,_US_-_Diliff.jpg&quot; width=&quot;416&quot; height=&quot;294&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Certaines heures du jour et de la nuit me paraissent, plus que d’autres, de nature à octroyer le privilège de pouvoir couper le voile opaque du monde d’outre-là. Couper ou déchirer, n’importe, en ce domaine comme en bien d’autres Corvus Corax est un bon maître dont j’ai retenu la leçon ! Non point parce que l’un d’eux vint du bec cogner à mon huis puis au carreau de ma fenêtre tel qu’il le fit naguère chez Edgar le poète, mais plus simplement me visiter à date convenue certaine nuit de lune gibeuse, à l’intérieur même de ma chambre. Comment était-il entré ? Je me garderais bien de le dire n’en sachant rien moi-même. Cependant force me fut d’admettre sur le moment qu’il avait dû se glisser le jour par l’entrebâillement de la fenêtre et se cacher pour me surprendre en la nuit venue…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Ici, il convient de noter que le noir, à proportion de son épaisseur, se prête excellemment aux voyages en postmortalie, du moins je veux le croire… Assurément cet audacieux corvidé avait quelque chose à me dire télépathiquement s’entend, dans le secret de la nuit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-6518039&quot; style=&quot;margin: 0.2em auto 0.7em; display: block;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/00/2496253558.jpg&quot; alt=&quot;Corbel suedois.jpg&quot; width=&quot;415&quot; height=&quot;311&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Adonc, m’approchant de l’armoire sur la corniche de laquelle il se trouvait perché, je l’observai à la faveur de la clarté lunaire… Il se tenait un peu de biais me regardant sans animosité, d’un œil fixe mais perçant. Force me fut d’admettre que le noir de jais de son plumail lui tenant lieu de redingote, conférait à mon visiteur l’allure d’un vieil aristocrate ou mieux encore, celle d’un de ces médecins du temps des grandes calamités quand la peste noire moissonnait allègrement campagnes et villes. J’ajoute pour ceux qui ne l’auraient pas compris, que cette semblance lui venait bien entendu de son bec semblable aux masques de ces présomptueux Diafoirus. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Soudainement, comme je l’observais, il opina du chef. J’en conclu que c’était le signe… Signe attendu depuis longtemps&amp;nbsp;! Adonc, j’engageai sans différer la conversation par le moyen de la seule pensée, souhaitant la bienvenue à mon nocturne visiteur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;M’exprimant son contentement d’un clin d’œil complice, dodelinant de la tête en gonflant son plumail, ouvrant le bec, en son langage codé à mon adresse il déclama&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Crôa, croiâ, croimâ, crois- moi&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Du moins l’ouï-je de la sorte ce pourquoi, sans différer, je le crus sur parole ne demandant en effet qu’à le croire…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Or donc, le vieux rêtre sut se montrer bavard et m’en conta de telles que je ne saurais les confier à ma page fors son ultime message dont voici la moelle&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Temps venu&amp;nbsp;! Grand changement&amp;nbsp;! Minutes comptées&amp;nbsp;! Monde rompu, corrompu, pue&amp;nbsp;! …&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;A quoi il ajouta en mots clefs bien ciblés : «&amp;nbsp; Tic-tac… Tactique… TikTok ! Rwanda… Gaza… Corrida ! Ecrans… Boucan… Bataclan ! Schnouf… Bouffe… Foot… esbroufe ! Mangas… Gafa… Camora ! Toc… Cocke… Wok ! Intellos… Gauchos… Fiasco ! Parle-m’en… Parlement… Ment ! Députés… Des putes eh ! Raie…publique… Ripou…blique…&amp;nbsp; Triche ! Confusion… Fion ! Décadence… Fiente ! »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-6518038&quot; style=&quot;margin: 0.2em auto 0.7em; display: block;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/02/01/241020634.jpg&quot; alt=&quot;1024px-Raven_croak.jpg&quot; width=&quot;428&quot; height=&quot;321&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Ah ! qu’il s’amusait le drôle ! Ô qu’il savait se montrer loquace l’oiseau d’Odin ! Qu’il avait du verbe ! et du corsé ce madré !...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Son inventaire dura longtemps devant que le jour ne se lève&amp;nbsp;! Maître corbel en son perchis me considérait, rêveur, sous le charme de sa prose, lissant de temps à autre son plumail luisant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Sentant venir le crépuscule du matin il devint soudainement muet, levant son bec en fermant l’œil. J’en conclus, son discours achevé qu’il devait partir, aussi, ouvrant grand mon huis sur ce qui demeurait encore de ténèbres, lui fis-je révérence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Lors il s’en alla comme il était venu, sans autre bruit que celui d’un souffle qu’on reçoit venu d’outre-là. «&amp;nbsp;Il s’en est allé retrouver la Camarde qui le précède ou le suit selon&amp;nbsp;» songeai-je. Il s’en est allé dans un souffle. Un souffle tombé de la croix avec trois gouttes de sang…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-6518040&quot; style=&quot;margin: 0.2em auto 0.7em; display: block;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/00/00/452488546.jpg&quot; alt=&quot;sacré coeur.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;A-dieu donc monde déchu qui ne vaut pas un denier pour le racheter&amp;nbsp;! Que le vent t’emporte&amp;nbsp;! Qu’il t’emporte fors l’Oeuvre de France qui toujours, tel le phénix, plaise à la Providence, renaîtra de ses cendres pour accomplir la Promesse :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: #ff0000;&quot;&gt;Igne Natura Renovatur Integra&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: #ff0000;&quot;&gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;INRI &lt;/span&gt;- &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: #ff0000;&quot;&gt;In Necis Renascor Integer&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>LA FIN D'UN MONDE</title>
<link>http://letempsrevient.hautetfort.com/archive/2024/01/05/la-fin-d-un-monde-6478875.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AGARIC)</author>
<category>Chroniques du temps présent</category>
<pubDate>Fri, 05 Jan 2024 20:37:46 +0100</pubDate>
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&lt;div class=&quot;page&quot; title=&quot;Page 1&quot;&gt;&lt;div class=&quot;layoutArea&quot;&gt;&lt;div class=&quot;column&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;En ce début janvier, voici une belle page tirée des souvenirs de Denis Diderot. Elle est réconfortante et réchauffe les cœurs mis à l’épreuve dans ce monde de brutes. Elle nous rappelle l’amour filial et les obligations que l’on a envers nos mères et nos pères. Ces obligations ne sont rien d’autre que des devoirs en un temps où l’on ne parle plus que de droits. L’homme a donc des devoirs avant d’avoir des droits&amp;nbsp;; il ne devrait d’ailleurs pouvoir prétendre à ces derniers s’il ne respectait d’abord les premiers. Et le premier des devoirs, Diderot l’exprime bien dans son texte, c’est le respect que l’on doit aux parents qui implique, conséquemment, celui que l’on doit à la nature tout entière.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6502287&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/02/02/2424956762.jpg&quot; alt=&quot;Diderot texte.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Verdana';&quot;&gt;Je n’ai vu mourir ni mon père ni ma mère ; je leur étais cher, et je ne doute pas que leurs yeux ne m’aient cherché à leurs derniers moments... &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Verdana';&quot;&gt;Il est minuit. Je suis seul, je me rappelle ces bons parents, et mon cœur se serre, quand je pense à toutes les inquiétudes qu’ils ont éprouvées sur le sort d’un jeune homme violent et passionné, abandonné sans guide à tous les fâcheux hasards d’une capitale immense. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Verdana';&quot;&gt;Une des choses qui m’aient fait le plus de plaisir, c’est le propos bourru que me tint un provincial quelques années après la mort de mon père. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Verdana';&quot;&gt;Je traversais une des rues de ma ville ; il m’arrête par le bras et me dit : « Monsieur Diderot, vous êtes bon ; mais, si vous croyez que vous vaudrez jamais votre père, vous vous trompez. » Je ne sais pas si les pères sont contents d’avoir des enfants qui valent mieux qu’eux ; mais, moi je le fus d’entendre dire que mon père valait mieux que moi. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Verdana';&quot;&gt;Je crois, et je croirai tant que je vivrai, que ce provincial m’a dit vrai.&lt;br /&gt;... Un des moments les plus doux de ma vie, ce fut, il y a plus de trente ans et je m’en souviens comme d’hier, lorsque mon père me vit arriver du collège, les bras chargés des prix que j’avais remportés, et les épaules chargées des couronnes qu’on m’avait données et qui, trop larges pour mon front, avaient laissé passer ma tête. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Verdana';&quot;&gt;Du plus loin qu’il m’aperçut, mon père laissa son ouvrage, il s’avança sur la porte et se mit à pleurer. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Verdana';&quot;&gt;C’est une belle chose, un homme de bien qui pleure de joie !&lt;br /&gt;... Maintenant, je suis seul, je me rappelle mes bons parents, et mon cœur se serre. Je ne sais ce que j’ai, je ne sais ce que j’éprouve. Je voudrais pleurer. Ô mes parents ! Ô ma mère, toi qui réchauffais mes pieds froids dans tes mains !... &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les sociétés ne sont plus organiques, l’ancien monde s’en va, il s’effrite en progression géométrique ; à l’image de la fonte de la banquise, Moloch glouton s’en régale. Les zélés serviteurs du monstre se succèdent aux commandes des nations, du moins de ce qu’il en reste ; ils mettent tout en œuvre pour décérébrer les individus via des techniques d’ingénierie sociale toujours plus redoutables, l’objectif final étant la réification de l’être. Elle arrive. Il n’y a plus de volonté de désobéissance civile aux lois iniques et encore moins de révolte. Le peuple est mort. Seules demeurent les masses acéphales des consommateurs pilotés à vue par le « merchandising » et l’obsolescence programmée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les enfants ne lisent plus ou alors des mangas ; ils n’écrivent plus ou fort mal ; ils s’expriment en onomatopées et en phonétique via les échanges de sms et les réseaux sociaux. La pauvreté de ces échanges est le plus souvent affligeante…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils ne maîtrisent absolument plus le français, discipline dans laquelle pourtant les moins mauvais ont des moyennes formidables, 18 voire 19 sur 20 en dictée. En dictée&amp;nbsp;? Quelles dictées&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6502286&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/00/02/1159493194.jpg&quot; alt=&quot;Mironneau.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;J’ai fait le test pour voir. J’ai tiré des morceaux choisis de Mironneau à l’usage du Cours Moyen année 1908, précisément le texte que je vous livre de Diderot. Je l’ai lu lentement à une élève de cinquième à la moyenne générale de 18/20, puis le lui ai dicté en insistant sur les infinitifs et les participes passés, enfin sur les difficultés majeures. Nous l’avons relu ensemble… Résultat 28 fautes… Distorsion cognitive ? non, l’élève est intelligente et équilibrée. Alors faut-il en imputer la faute à elle ou aux nouvelles méthodes d’enseignement ? Assurément à ces dernières qui ont abandonné celles qui avaient depuis des lustres fait leurs preuves.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ça finit comme ça une civilisation, quand elle commence à ne plus maîtriser sa langue. Or la maîtrise de cette dernière passe d’abord par celle de l’orthographe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Sans doute peut-on se comprendre phonétiquement mais il y a loin de « casser » à « KC » il y a toute la richesse de la langue française du XVIII ème siècle. C’est elle qui nous a fait ce que nous sommes du moins jusqu’à la dernière guerre. Ensuite l’American way of life, sa langue passe-partout et la langue de bois ont fait le reste…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Peut-être qu’à terme proche, après tout, les générations montantes finiront-elles par s’exprimer en sons gutturaux primitifs à rythme syncopé, à moins qu’elles n’aient plus rien à dire, occupées 24h sur 24 par les seuls écrans, c’est une éventualité probable… &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<title>11 NOVEMBRE... 105 ans après l'hécatombe...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (AGARIC)</author>
<category>Chroniques du temps présent</category>
<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 19:22:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;105 ans après l’hécatombe, l’Abattoir Général fume toujours… De part le monde, les mêmes bouchers saignent à blanc le même troupeau pour les mêmes raisons. Faute d’avoir été comprise, la leçon n’a toujours pas été retenue…&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6488888&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/02/02/3768513542.jpg&quot; alt=&quot;cadavre.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Devant la crue de la Garonne &quot; Que d'eau, que d'eau&amp;nbsp; !&quot; constatait impuissant, le président Mac-Mahon. Parodiant ce dernier, &quot;Que de sang, que de sang !&quot; s'exclament, hypocrites, les fauteurs de guerre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6488889&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/00/01/2750648325.jpg&quot; alt=&quot;Bofa 1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;La guerre, c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» Paul Valéry&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;&lt;em&gt;Après un siècle de propagande, de mensonges et de lavage de cerveau à propos de la Première Guerre mondiale, la dissonance cognitive nous met bien trop mal à l’aise pour supporter cette vérité que c’est un petit groupe socialement privilégié de prétendus patriotes de race anglaise, financé par de puissants industriels et financiers britanniques et américains, qui a provoqué la Première Guerre mondiale. La détermination de cette Élite secrète londonienne à détruire l’Allemagne pour asseoir son contrôle sur le monde fut ultimement responsable de la mort d’honorables jeunes hommes, qui furent trahis et sacrifiés dans un massacre aussi sanglant qu’inutile, dédié à l’avancement d’une cause déshonorante. Dans les villages, villes et capitales du monde entier, des dizaines de milliers de monuments aux morts témoignent aujourd’hui de ce grand mensonge – de cette trahison – qui veut qu’ils soient morts pour « la plus grande gloire de Dieu » et pour que « nous soyons libres ». Ce mensonge les enchaîne à un mythe. Leur souvenir s’étire en une répétition de vains appels auxquels on procède pour dissimuler le véritable but de cette guerre. Ils ne méritent pas moins que la vérité, et nous leur devons de ne pas manquer à ce devoir là.&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp; Les origines secrètes de la Première Guerre mondiale, Gerry Docherty &amp;amp; Jim MacGregor.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6488890&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/01/1518482038.jpg&quot; alt=&quot;chevaux.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;Nous marchions sur une terre calcinée, bouleversée, puante, semée de débris de fils de fer, de pieux brisés, de vêtements hachés et sanglants, de paquets de chair humaine… &lt;/em&gt;» Maurice Genevoix, Les Eparges&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6488892&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/01/1583298171.jpg&quot; alt=&quot;coupé.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;&lt;em&gt;La grande différence entre les hommes et les rats, c’est que ces derniers ne se battent jamais que volontairement et par goût, tandis que je n’ai rencontré aucun homme qui fit la guerre pour son plaisir. Chacun d’eux paraissait céder à la nécessité, aussi bien parmi les agresseurs que chez les autres. Il faut donc supposer que ceux qui veulent la guerre ne sont pas ceux qui la font. Le chef d’œuvre de l’organisation consiste alors à faire accomplir par la collectivité ce à quoi chacun de ses membres en particulier répugne le plus.&quot;&amp;nbsp; &lt;/em&gt;Pierre Chaine, Les Mémoires d'un rat.&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6488893&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/01/302281702.jpg&quot; alt=&quot;vieille.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Combien de temps faudrait-il qu’il dure leur délire, pour qu’ils s’arrêtent épuisés enfin, ces monstres ? Combien de temps un accès comme celui-ci peut-il bien durer ? Des mois ? Des années ? Combien ? Peut-être jusqu’à la mort de tout le monde, de tous les fous ? Jusqu’au dernier ?... »&amp;nbsp; &lt;/em&gt;Louis Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit.&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6488896&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/00/2798051207.jpg&quot; alt=&quot;Lancier - copie.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;« La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu’on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie tout entière. » &lt;/em&gt;Louis Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit.&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<title>IN MEMORIAM ALAIN FOURNIER</title>
<link>http://letempsrevient.hautetfort.com/archive/2023/09/22/in-memoriam-alain-fournier-6462611.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AGARIC)</author>
<category>notes de lecture</category>
<pubDate>Fri, 22 Sep 2023 23:14:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6476877&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/00/01/4064180126.jpg&quot; alt=&quot;livre.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Le 22 septembre 1914 tombaient mortellement blessés, à quelques centaines de mètres de la Tranchée de Calonne, le lieutenant Henri Fournier et vingt autres de ses compagnons de la 23&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; compagnie du 288&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; Régiment d’Infanterie de réserve engagé sur le front des Hauts de Meuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;La Tranchée de Calonne n’est pas un ouvrage militaire, c’est une route forestière de 25 kilomètres de long qui rattache Verdun à Hattonchâtel en suivant la ligne de crête. Elle a été tracée par l’Intendant du Roi Louis XVI en 1786.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;C’est à la hauteur du croisement de cette route (aujourd’hui RD 331) avec celle de Saint-Rémy la Calonne à Lacroix sur Meuse qu’une stèle a été érigée à l’initiative du maire de Saint Rémy le 11 octobre 1964 à l’occasion du 50&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; anniversaire de la disparition d’Alain Fournier. On peut y lire&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp; A la mémoire de Henri Alain Fournier auteur du Grand Meaulnes lieutenant au 288 RI et de ses hommes disparus dans le secteur le 22-9-1914&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6476887&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/01/1807511373.jpg&quot; alt=&quot;af mil.jpg&quot; /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;La fosse commune contenants les corps des 21 soldats tués le 22 septembre 1914 n’ayant été découverte que 77 ans plus tard le 2 mai 1991 à un kilomètre environ de cette plaque commémorative, on ne pouvait jusque alors parler que de « disparition »…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6476896&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/00/01/454582549.jpg&quot; alt=&quot;septembre,alain fournier,lieutenant,meuse,calonne,tranchée,disparition,fosse,squelettes,grand meaulnes,soldats,militaire,verdun,mission,fouille,sapins,hêtres,contact,allemands,ennemi,compagnie,régiment,capitaine,genevoix,massacre,nécropole,église&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Extrait carte IGN St Rémy la Calonne&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Mobilisé le 2 août 1914, Alain Fournier se trouvant alors en villégiature à Cambo rejoint à Mirande dans le Gers le 288 RI auquel il est affecté. Il y commande la 23&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; compagnie comme lieutenant en second sous les ordres du capitaine de Gramont. Le 16 août le régiment part pour Suippes d’où il prend à pied, le 17, la direction de Sainte Menehould. Le 23 août il est en cantonnement à Belleray près de Verdun et participe aux combats meurtriers livrés dans ce secteur du 24 août au 20 septembre 1914. Le 22 septembre, un détachement des 22&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; et 23&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; Compagnies commandées respectivement par les lieutenants Marien et Fournier partent en reconnaissance sur les Hauts de Meuse…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6476897&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/02/00/3185621442.2.jpg&quot; alt=&quot;septembre,alain fournier,lieutenant,meuse,calonne,tranchée,disparition,fosse,squelettes,grand meaulnes,soldats,militaire,verdun,mission,fouille,sapins,hêtres,contact,allemands,ennemi,compagnie,régiment,capitaine,genevoix,massacre,nécropole,église&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Nous connaissons la suite malheureuse de cette mission… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Nous savons aussi la controverse à laquelle elle a donnée lieu et pour ceux qui l’ignoreraient encore, nous conseillons de lire l’excellent livre de Michel Baranger paru aux Editions Bernard Giovanangeli en 2013. L’auteur s’y emploie dans une étude fouillée à démêler le faux du vraisemblable pour ne pas dire du vrai tant les témoignages qui nous restent des deux côtés des belligérants prêtent à confusion.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Ce qui est sûr, c’est que l’auteur du Grand Meaulnes et ses compagnons ont bien trouvé la mort cet après midi du 22 septembre dans des circonstances confuses que nous ne pouvons qu’imaginer. Ce que l’on sait, c’est qu’un poste de secours et une ambulance allemande se trouvaient en position dans le seul bois de sapins du secteur (dit bois Gofrin) la forêt étant pour l’essentiel constituée de hêtres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Il semble que la compagnie du lieutenant Marien ait subi des tirs d’observateurs ennemis auquels ils auraient répliqué tout en décrochant, ils se seraient regroupés alors à la 23&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; compagnie rejointe par le capitaine de Gramont, jusqu’au-boutiste obstiné ramenant ses hommes au contact des troupes ennemies, c'est à dire à une mort assurée, la compagnie du lieutenant Egon Nicolay les prenant à revers.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Ainsi les vingt et une victimes de cet accrochage n’auraient pas été faites prisonnières et fusillées à la suite d’exactions commises contre le service sanitaire allemand en place mais bien tuées au combat comme le prouvent l’autopsie des corps retrouvés dans leur fosse commune.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6476898&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/02/01/3167496611.jpg&quot; alt=&quot;septembre,alain fournier,lieutenant,meuse,calonne,tranchée,disparition,fosse,squelettes,grand meaulnes,soldats,militaire,verdun,mission,fouille,sapins,hêtres,contact,allemands,ennemi,compagnie,régiment,capitaine,genevoix,massacre,nécropole,église&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;On doit cette découverte à Jean Louis, habitant de Lacroix sur Meuse, jeune accompagnateur de Maurice Genevoix revenu souvent sur les lieux où il connu l’enfer des Eparges et où il participa aux combats du 22 septembre. C’est à la suite des longues et patiente recherches de Michel Algrain que Jean Louis finit par déduction à retrouver sur le terrain le lieu du massacre et les corps des disparus dont les restes furent exhumés de la fosse (5mx3, 30cm de profondeur) du 4 au 25 novembre 1991 par trois archéologues de la DRAC de Lorraine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Le corps d’Alain Fournier porte le numéro 16 sur la photo.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;On se reportera pour plus de détail au lien suivant:&lt;a href=&quot;https://www.etudes-touloises.fr/blogcelt/ArcheoThema%2035_2014%20AlainFournier.pdf&quot;&gt;https://www.etudes-touloises.fr/blogcelt/ArcheoThema%2035_2014%20AlainFournier.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6476899&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/01/638154778.2.jpg&quot; alt=&quot;septembre,alain fournier,lieutenant,meuse,calonne,tranchée,disparition,fosse,squelettes,grand meaulnes,soldats,militaire,verdun,mission,fouille,sapins,hêtres,contact,allemands,ennemi,compagnie,régiment,capitaine,genevoix,massacre,nécropole,église&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Michel Baranger dans son livre rapporte ce que dit le rapport officiel de l’étude anthropologique&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Le sujet N°16, bien que dépourvu de plaque d’identité, avait pu être identifié avec certitude comme étant Alain Fournier, grâce à ses galons de lieutenant cousus sur du tissu gris-bleu, retrouvé sur les os de l’avant bras, ainsi qu’à ses galons d’épaulette et au numéro de son régiment&amp;nbsp;:288, en laiton doré, agrafé sur une patte de collet rouge&amp;nbsp;; par ailleurs on rapprocha le calcul de la stature du squelette -1,70m- faite d’après la méthode de Fully et Pineau, de la taille mentionnée -1,69m- sur le livret militaire du lieutenant Henri Alban Fournier. L’analyse des impacts de balles sur son squelette a montré que «&amp;nbsp;son sternum et sa deuxième côte droite avaient été touchés par une même balle&amp;nbsp;» tirée juste face à lui, blessure grave à la poitrine, sans doute qui ne devait lui laisser que très peu d’heures à vivre. On put enfin rapprocher l’odontogramme &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;du maxillaire supérieur -dix dents soignées et obturées- d’une carte postale représentant la grotte de Lourdes, envoyée à sa famille par Henri Fournier, le 17 mai 1909,&amp;nbsp;au dos de laquelle il a écrit&amp;nbsp;:&amp;nbsp; «&amp;nbsp;De Tarbes où je viens de faire plomber ma 10&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; dent.&amp;nbsp;»&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt;&quot;&gt;Alain Fournier et ses 20 compagnons ont été inhumés dans la petite nécropole de Saint Rémy la Calonne, sur la pente qui regarde le sud, derrière le chevet de l’église.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6476900&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/02/2994862946.jpg&quot; alt=&quot;septembre,alain fournier,lieutenant,meuse,calonne,tranchée,disparition,fosse,squelettes,grand meaulnes,soldats,militaire,verdun,mission,fouille,sapins,hêtres,contact,allemands,ennemi,compagnie,régiment,capitaine,genevoix,massacre,nécropole,église&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11.0pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;L’entend-il &quot;la voix sourde et merveilleuse qui appelle&quot;...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6476885&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/02/00/3659083982.2.jpg&quot; alt=&quot;portrait.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>IN MEMORIAM MARIE-DOMINIQUE</title>
<link>http://letempsrevient.hautetfort.com/archive/2023/07/14/in-memoriam-marie-dominique-6452291.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (AGARIC)</author>
<category>Blog</category>
<pubDate>Fri, 14 Jul 2023 21:04:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6461788&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/02/01/380160308.jpg&quot; alt=&quot;MDF 2 ans.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mardi 11 juillet jour de la Saint Benoît, après une longue, trop longue absence, je suis venu te retrouver Dominique, ma cousine, inséparable compagne de mes jeunes années… Mais je suis arrivé trop tard, tu étais déjà partie, partie pour ce long voyage, «&amp;nbsp;là où le vent n’a plus de feuilles mortes à râteler&amp;nbsp;» comme l’écrit si bien l’auteur de Gaspard des Montagnes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsque Michel, ton mari m’a appelé en me disant qu’il avait une triste nouvelle à m’annoncer, j’ai compris… J’ai compris et soudainement je t’ai revue, là, présente devant moi, avec ton sourire doux et le visage de ta jeunesse. C’était hier…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6461796&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/01/30662007.jpg&quot; alt=&quot;MDF 3 ans.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hier… Nous qui pourtant nous sommes perdus de vue si longtemps... Pourquoi&amp;nbsp;? La faute à qui&amp;nbsp;? ou plutôt à quoi&amp;nbsp;?.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au temps peut-être, qui nous a dévoré allègrement tous les deux quand bien même nous aurions voulu lui échapper, mais rien n’échappe au temps tu le sais bien… Aux occupations professionnelles sans doute, qui nous ont satisfaits et aveuglés à la fois pendant qu’elles nous emprisonnaient… Mais surtout à l’oubli, lequel ayant drapé notre cœur d’une chape de plomb&amp;nbsp; sans que nous ne nous en rendions compte nous a éloigné l’un de l’autre, parce que l’oubli est un despote qu’il faut traquer sans faillir au risque de tout perdre…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sous la coupole de l’abbatiale, dans la clarté des vitraux traversés par la lumière du matin, devant ton cercueil je songeais à nos belles années, celles de l’enfance où rien n’est encore consommé, usé, délaissé… Avec toi, ce sont quinze d’entre elles qui sont parties à la dérive emportant dans leur sillage nos souvenirs anciens.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans le recueillement de ta famille et de tes amis, écoutant l’Ave Maria de Gounod je me disais, comme je l’avais dit à Neige si tôt disparue&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;maintenant, toi, &amp;nbsp;tu sais&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» et moi, je ne sais pas encore, je ne peux que supposer…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je veux croire que tu as comme elle, rongée par le même mal, quitté ce monde de la contrainte pour celui de la liberté. Mon cœur me le dit et je veux le croire parce que je sais que le cœur ne ment pas.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En t’en allant, Dominique, tu m’as fait un cadeau, le dernier et le plus cher à mon coeur : tu m’as ramené Sophie ma filleule, tu me l’a ramenée avant que moi aussi je ne m’en aille et tu m’as fait connaître Hélène, sa sœur.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sophie, que j’ai tenue sur les fonds baptismaux m’est revenue comme nous te pleurions et maintenant que je l’ai retrouvée, je ne veux plus la perdre, tu le sais et moi aussi. A présent, je comprends pourquoi je pensais à vous deux il y a un mois à peine alors que, n’ayant pas eu de nouvelles de toi depuis si longtemps je ne te savais pas à ce point malade. Moi qui ne crois pas au hasard, sais que l’Univers est une structure très intelligente&amp;nbsp;; quand on le questionne, Il répond. Et Il m’a répondu. Le Seigneur sait ce qu’Il fait, nous pas… Assurément c’est une grâce de le savoir et de le comprendre avant le terme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6461792&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/00/4207983755.jpg&quot; alt=&quot;GM &amp;amp; MDF.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne peux, chère Dominique que te revoir au temps de notre jeunesse puisque je ne t’ai pas vue vieillir depuis. Alors, à ce souvenir, c’est la rue des Pommiers qui revient vers moi et toi qui court dans les rangs de cassissiers et de framboisiers derrière ce lapin que nous avions baptisé « Lileu », vas savoir pourquoi ? c’est le vol des hannetons à la nuit tombée ; c’est la récolte des escargots dans les feuilles d’iris après la pluie et notre peur bleue des épeires velues corsetées de noir dans leurs toiles tendues au travers des hautes herbes… C’est la campagne et ses mystères… Châlucet, Céreix, les Vignes d’Envaud, la cabane de Marcel qui savait tout faire… Marcel parti trop tôt lui aussi pour ce monde d’outre là dont nous ne savons rien, si lointain et pourtant si proche à la fois… Ce sont nos vacances partagées à la mer ou à Barlanès dans les Pyrénées où nous aimions jouer avec les galets du torrent, ces galets ronds comme des dos de tortues, polis et brillants comme des louis d’or dont nous formions de petites écluses sitôt emportées par la force du courant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Emportées comme tu le fus, dans un combat inégal…&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6461794&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/02/739048757.jpg&quot; alt=&quot;Pyrénées. - copie.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quel sera le mien le moment venu&amp;nbsp;? Je n’en sais rien… Aurais-je même le temps de tirer le sabre&amp;nbsp;? J’aimerais pouvoir dire comme Lacordaire «&amp;nbsp;Ce que je sais pour demain, c’est que la Providence se lèvera pour moi avant le soleil.&amp;nbsp;» J’espère qu’elle s’est levée pour toi quand tu t’es présentée devant elle.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6461795&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/00/01/2963921311.jpg&quot; alt=&quot;MDF 18 ans.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au revoir Dominique, ma cousine et mon amie&amp;nbsp;que la souffrance n’a pas épargnée, comme elle n’a pas épargné Neige et tant d’autres de nos semblables en humaine condition.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6461826&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://letempsrevient.hautetfort.com/media/01/02/3654024257.jpg&quot; alt=&quot;MDF 23 ans.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puisque je te compte au nombre de ceux et celles que j’ai aimés, que j’aime et que j’aimerai, puissè-je garder de toi, en moi, «&amp;nbsp;L’essence et la forme divine&amp;nbsp;» évoquées par Charles Baudelaire et dire avec lui, à mon tour, le moment venu&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Ô Mort, vieux capitaine, il est temps&amp;nbsp;! levons l’ancre&amp;nbsp;!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;Ce pays nous ennuie, ô Mort&amp;nbsp;! appareillons&amp;nbsp;!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;+++++&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&quot;L'épreuve dénude la vérité et la fait resplendir pleinement&quot; (Louis Cattiaux, MR, I/27)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&quot;L'aiguillon de la mort est là pour obliger les hommes à rechercher le pourquoi de toutes choses et d'eux-mêmes&quot;(Louis Cattiaux, MR, II/13)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;+++++&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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