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15/12/2011

COMPLAINTE DE MARIE DES ANGES

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Dans " La Glu" de Jean Richepin, on trouve un poème "cruel" tiré d'une vieille complainte appelée quelquefois: "Chanson de Marie des Anges".  Thérésa l'interpréta au  Chat Noir chez Rodolphe Salis, sur une musique de Gabriel Dupont, puis Yvette Guilbert la reprit.

Je l'ai découverte un soir, dans l'ambiance feutrée du cabaret du Lapin agile et depuis, ne l'ai pas oubliée...

La voici:

 

Y avait un' fois un pauv' gas,

Et lon lan laire,

Et lon lan la,

Y avait un' fois un pauv' gas,

Qu'aimait cell' qui n' l' aimait pas.

 

Ell' lui dit: Apport' moi d'main,

Et lon lan laire et............

Ell' lui dit: Apport' moi d' main,

L' coeur de ta mèr' pour mon chien !

 

Va chez sa mère et la tue,

Et lon lan laire et............

Va chez sa mère et la tue,

Lui prit l' coeur et s'en courut.

 

Comme il courait, il tomba,

Et lon lan laire et............

Comme il courait, il tomba,

Et par terre l'coeur roula.

 

Et pendant que l' coeur roulait,

Et lon lan laire et............

Et pendant que l' coeur roulait,

Entendit l' coeur qui parlait.

 

Et l' coeur disait en pleurant,

Et lon lan laire et............

Et l' coeur disait en pleurant:

T'es-tu fait mal, mon enfant ?

 

Curieusement, je l'ai retrouvée dans le répertoire de Fabrizio de André qui en a composé la musique, l'a augmentée de plusieurs couplets et l'a chantée sous le titre de "La ballade de l'amour aveugle".

 


 

 

  
    
      
    
      
  
     
 
      
   

 


      

 


  

15/11/2009

LA GUERRA DI PIERO




Voici une chanson qui compte parmi les plus belles ayant traité de la guerre et de ses ravages...

J'en donne cette traduction libre afin de respecter le rythme:


Sous les blés tendres où tu dors dans ton gîte

Ce n’est pas la rose ni la tulipe

Qui t’accompagnent dans ton sommeil

Mais plus de mille coquelicots vermeils.

 

« Au fil rapide de mon torrent

Je veux revoir les brochets d’argent

Et plus jamais les corps des soldats

Charriés par l’eau froide les bras en croix. »

 

Ainsi disais-tu et c’était en hiver

Tout comme les autres vont vers l’enfer

Tu t’en vas triste, le vent se lève,

Qui t’enveloppe bientôt de neige.

 

Couvre-toi bien Piero, couvre-toi

Entends le vent t’apporter la voix

De tes compagnons, pauvre piétaille

Jetés à la Mort sur le champ de bataille

 

Mais tu restas sourd et le temps passa

Qui fait les saisons et qui marche au pas

Et un beau matin tu vis la frontière

Comme le printemps chassait l’hiver.

 

Puis quand vint ton heure, marchant le cœur lourd

Tu vis un soldat au creux d’un labour

Triste comme toi et le regard morne

Sous la couleur d’un autre uniforme.

 

Tue-le Piero, tue-le bien vite,

Il ne faut pas que tu hésites

La guerre te l’ordonne et c’est maintenant

Qu’il faut rougir la terre de son sang.

 

« Ah ! mais si je vise la tête ou le cœur,

La Mort l’emportant et que je demeure

Jamais  je ne pourrai, de son regard

Chasser la douleur de ma mémoire. »

 

Et pendant que tu songes, lui s’enhardit

Te considère en ennemi,

Epaule son arme et te met en joue,

Sous sa mitraille tu tombes à genoux.

 

Tu t’effondra sans jeter un cri,

Avec le regret avec le souci,

De partir sans t’être fait pardonner

Ni tes erreurs ni tes péchés.

 

Tu t’effondra sans jeter un cri

En sachant bien que les jours de ta vie

Finissaient là au creux de ce labour

Sans autre espoir de revoir le jour.

 

« O ma Ninette il faut bien du courage

Mourir en mai n’est pas de mon âge,

Ninette belle pour voir l’enfer

J’aurai mieux aimé m’y rendre en hiver.

 

Au milieu des blés qui te firent un lit

Tu t’effondra serrant ton fusil

La bouche pleine de mots gelés

Que le soleil ne pu réchauffer.

 

Sous les blés où tu dors dans ton gîte

Ce n’est pas la rose ni la tulipe

Qui t’accompagnent dans ton sommeil

Mais plus de mille coquelicots vermeils...